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​Titre Indéterminé Stéphane Papet

​- 2011

Short movie

Synopsis:
Une femme, suivie par deux hommes, arpente les rues d’une étrange ville déserte. Ils attendent vainement que quelque chose se passe, malheureusement, l’histoire est écrite par un auteur sans talent et sans inspiration. Et s’ils sont bien décidés à ne pas se laisser faire, l’auteur ne le voit pas forcément du même oeil…


Intention du réalisateur :
Après “ça sonne” et “La Terrible Malédiction”, voici le troisième épisode de la trilogie de l’absurde. Au départ, l’histoire s’est créée en hommage aux personnages des films de Bertrand Blier. Etant un grand fan de cet auteur, je me suis tout d’abord inspiré d’un de ses thèmes récurrents dans sa filmographie, à savoir le triangle amoureux formé autour de deux hommes et une femme. Le film le plus emblématique de ce thème est bien entendu « Tenue de soirée »… et même si « Titre Indéterminé » n’a pas grand-chose à voir avec le film de Blier, sa genèse vient pourtant de là…
Une fois la situation de départ établie, l’histoire a commencé à prendre son propre chemin. Et le grand thème du film, la liberté de l’auteur face à son histoire, s’est dessiné au fur et à mesure que l’histoire s’est construite.


J’ai toujours été attiré par la liberté de l’auteur par rapport à son histoire.
Si certains auteurs sont très libres, capables d’écrire des histoires dont il est impossible de prévoir la tournure des évènements, c’est surtout dans la littérature que les pièces maîtresses ont été écrites. Ainsi, « Dom Quichotte » de Miguel Cervantes et « Jacques le fataliste » de Denis Diderot en sont certainement les dignes représentants. Ce qui me fascine dans ces deux œuvres, c’est l’histoire qui peut prendre un tout autre tournant au moment où l’on s’y attend le moins. Si l’auteur est fatigué de raconter la continuité de la même histoire, il se sent libre de s’arrêter quelques pages pour raconter autre chose. Et cela, c’est (pour moi) la liberté ultime d’un auteur face à son histoire. Dans le cinéma, le grand représentant de cette liberté, qui a été classé « film anarchiste », c’est le « Pierrot le fou » de Jean-Luc Godard. Ces trois œuvres m’ont fortement influencé dans ma façon d’appréhender une histoire.


En fait, ce qui me plaît quand je commence un scénario, c’est de ne pas savoir à l’avance comment il va se dérouler, ni comment cela va se terminer. J’ai une situation de départ, et celle-ci va évoluer au gré de mon imagination du moment. Ce luxe, je peux me le permettre grâce au format court dans lequel je travaille actuellement. Si un jour j’ai la chance de pouvoir évoluer et de travailler dans le format long, je ne sais pas si je pourrai encore aborder de la même manière l’écriture d’une histoire… mais en attendant, j’en profite !