KGS Supports

​Crustinien des Galapagos François Curlet

​LaParti Production SCS 2012

Short movie

Synopsis :
Une ballade dans une architecture du XX ième siècle de l’entre deux guerres.


Intention du réalisateur :
Une ballade dans une architecture du XX ième siècle de l’entre deux guerres. Prendre un bâtiment comme une caisse de résonnance qui traverse l’histoire. Sur la pellicule, redonner le son au lieu désert, chercher le fantôme, les marques dues à l’usage des occupants. Capter la lumière des baies vitrées, fenêtres, l’écho des pas sur le sol, une partition minimale, chorégraphie invisible des absents, traumatisme allégé, troubles prélevés avec la douceur du spray d’un criminologue.
Au milieu des reflets, des mouvements de caméras posées, l ‘oeil cherche à avancer plus vite dans le cadre, anticipant l’arrivée du seul et unique personnage, figure historique faisant office de carbone 14 pour dater une période du lieu, celle 1939-1945.


Des bruits de pas se font entendre au loin sur la bande son, la caméra continue son balayage au milieu des particules de poussières dans les rayons du soleil plongeants a pic a travers les fenêtres. Les mouvements de caméra prennent de la cadence au fil du bruit émis pas un personnage horschamps, les pas approchent, la matière des semelles se fait sentir sur les dalles.


Un pied apparaît au fond du cadre, puis deux, la caméra s’écarte prudente, recule, des jambes de pantalon gris insérées dans les bottes noires descendent dans l’image, la lumière se découpe dans la pièce, la moitié du personnage avance au fond du cadre. Maintenant la veste, grise, un ceinturon noir superposé à la taille, l’inconnu de bonne corpulence s’éloigne pour apparaître en entier toujours de dos et s ‘assied contre un bord de fenêtre les jambes tendues. C’est un officier nazi égaré dans la villa vide.


La caméra s’approche au niveau du sol, remonte sur le corps en le laissant en entier pour dévoiler son visage, un brésilien noir sanglote en silence, sa retenue dévoile la douleur profonde qui l’habite. Un souvenir imaginaire d’humain en cohorte sifflant un air militaire comme carnaval du désastre, une fête absente et aphone sans plumes ni couleurs à légale du massacre lié à l’uniforme. Le reste de la troupe l’a t il laissé sur place dans la débâcle a cause de sa couleur de peau ? La fuite de dignitaires nazis au Brésil s’est elle décalquée de façon anachronique et spatiale dans un bâtiment témoin de l’histoire ? Il pleure l’histoire et l‘erreur de casting sans pitié…