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​Fresques de Mons de Nicolas Graux

​- 2013

Shortcut

Synopsis :
C'est un film sur une fresque, et cette fresque disparaît. Pendant un instant suspendu, la fresque du collectif Cuesmes 68 reprend vie. Le film s'imprègne de l'espace du réfectoire abandonné de l'Institut technique de Cuesmes, et de la gigantesque peinture murale, par des mouvements de caméra qui flottent là où passé et présent se rejoignent. Le regard s'approche, s'attarde. Le temps passe entre les murs et sur la fresque. Visages, mains, gestes et regards peints se mettent en relief. Bientôt l'image laisse voir le mur sous elle. Les visages se désintègrent dans la texture du mur. Composée de matière, la surface se révèle.


La pellicule de cinéma, cette autre matière, celle qui redonne vie à la fresque, renvoie aussi les images à leur disparition inéluctable. Poussières, artefacts et parasites deviennent autant d'avant-plans fugitifs. La surface sensible du film se révèle, tandis que dans la profondeur de l'image s'instaure un dialogue entre la fresque et l'image qui la transforme.
Peu à peu, l'obscurité gagne la peinture. La pellicule amène les images au seuil du visible. Dans cette zone crépusculaire surgit une dernière image. Un cosmonaute, comme un fantôme. Rémanence d'un futur depuis longtemps révolu, le futur de 68, au temps du premier pas sur la Lune. La présence de ce fantôme craquelé, comme une utopie déchue, est un hommage poétique à l'esprit des œuvres de l'artiste, Edmond Dubrunfaut, chez qui le social et le cosmos échangeaient parfois une poignée de main.


Intention du réalisateur :
Ma réflexion porte sur la compartimentation des temps et sur leur mise en communication. La fresque est une image, et cette image est témoin du temps. Dans la perspective d'un film, deux axes se dégagent. La mise en avant de la matérialité de l'image : l'image en tant que surface soumise à l'empreinte du temps. Et l'utilisation d'images comme allusions à différentes époques.


Mon travail concerne l'image et la disparition de l'image. On filme une fresque, et cette fresque disparaît. Cela s'apparente à un travail de mémoire. Vie est rendue à des images, mais dans ce geste, c'est l'imminence de leur disparition qui prédomine. Sortir une image de l'oubli, le temps d'évoquer sa disparition.