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​Figures de Miklos Keleti

​- 2013

Shortcut

Synopsis :
Hannah (10) est une petite fille sourde et muette, pourtant un jour, lors d’une promenade au parc elle est persuadée d’entendre un bruit. Sa mère ne la croit pas et n’a plus assez d’attention pour elle depuis l’arrivée de son bébé de dix mois (Paul).
La petite fille devient vite mutique et solitaire, persuadée que le parc qu’elle surnomme désormais « la reine » veut lui communiquer quelque chose. Jusqu’où la conduira cette fascination ?


Intention du réalisateur :
La genèse de ce projet remonte à deux ans où l’idée d’un long-métrage intitulé Patterns se profilait à l’horizon. Il fallait faire un film sur la fascination. Sur le pouvoir que peut exercer celui-ci sur le comportement humain. Ce thème m’a toujours intéressé car il questionne la complexité du fonctionnement de la conscience humaine. Comment justifie-t-on nos actes? Comment nous interprétons la réalité? Comment notre psyché reçoit par exemple un événement que l’on croit transcendental? Chaque individu analysera différemment un phénomène et au fond l’explication qu’il trouvera nous en révèlera beaucoup sur son identité, son rapport au monde et à la réalité. Au début de mon histoire, il y avait toute une communauté qui se voyait guider par une force cognitive mystérieuse sans s’en rendre compte, pourtant un destin commun les unissaient tous à la fin. Ils devaient commettre un acte difficle à jusitifier moralement, mais avec l’aide de « la reine » l’acte le plus abominable pouvait paraître vertueux et dans l’intérêt de tous. Hannah était un personnage mystérieux dans cette histoire qui avait un rapport particulier avec la reine du fait de son handicap. Elle sentait que l’émanence de cette force était hostile, mais au fond peut-être qu’elle rendait visible une pulsion latente… J’ai décidé de partir de ce personnage que j’ai approfondi et réinventé pour ce film tout en gardant ce premier sentiment (« une fascination cachant une noirceur ») qui me travaillait à l’origine. Ce court-métrage se passe dans un contexte complètement différent. Il s’est recentré sur le personnage de Hannah et son environnement, essayant d’approfondir une lecture sensorielle et énigmatique d’une partie de son enfance. Certains éléments fantastiques sont restés mais ont été filtrés à travers le prisme subjectif de ce personnage. C’est à dire que le fantastique vient surtout de son regard et de la fascination qu’elle éprouve pour la nature, les signes, les figures qui s’y trouvent. Il s’agit vraiment de travailler sur sa psyché en formation et parfois de se laisser aller en épousant un point de vue enfantin, fantastique mais qui est aussi nourri de peurs. En effet, le film parle principalement de la peur profonde d’Hannah de perdre contact avec sa famille et son entourage. L’hostilité de la reine est la manifestation de son propre sentiment de crainte. Elle éprouve de la jalousie par rapport à son petit frère non-handicapé depuis que sa mère fait moins attention à elle. Hannah pense qu’elle pourra entendre comme les autres et elle est persuadée que la reine l’aidera dans cette tâche. Sa liaison avec la reine devient de plus en plus sérieuse, l’entraînant sur un chemin dangereux. Il s’agit bien sûr de parler d’une vision de l’enfance sans en omettre la souffrance et la solitude. Se réapproprier un sentiment de fascination si propre à cet âge, permettant d’approcher la réalité d’une autre manière.